A person holds a green sieve full of freshly caught shrimp on a wooden deck outdoors.

PECHE A LA CREVETTE, LA NUIT, A FOURAS

La pêche au « surf-casting » dans l’océan, cannes plantées dans le sable de la plage, voilà notre plan lorsque nous montons notre tente dans un camping à Fouras pas très loin de La Rochelle. On est au mois de Septembre. On a tout le camping pour nous ! Les touristes ne sont plus là. Fouras a repris sa vie normale !
Nous sommes libres de notre temps. Les jours raccourcissent sensiblement. On file au centre-ville acheter des victuailles. Naturellement, pour le retour à la tente, on effectue un petit crochet-pèlerinage au port, histoire de voir comment ça se présente. Il est près de 20 heures. C’est la nuit tombante mais on y voit suffisamment pour distinguer sur la jetée du port des personnes en train de s’installer avec du matériel. On s’approche : ce sont des pêcheurs mais ils n’ont pas de cannes à pêche ! Ils nous expliquent : « on pêche la crevette avec des balances. Ca ne marche que la nuit et à la marée montante ».
On nous montre une balance. C’est un cercle avec un filet comme une épuisette sans manche. Le cercle comprend une barre formant diamètre : elle sert à fixer un appât (tête de poisson ou poisson entier !). La balance est destinée a être lancée à l’eau pour se poser à plat sur le fond. Au bout de quelques minutes d’attente, il faut la remonter rapidement, toujours bien à plat pour conserver les crevettes qu’elle contient. La remontée se fait à l’aide d’une cordelette attachée en triangle sur la balance. Il suffit de tirer sur cette cordelette avec les mains pour remonter la balance jusqu’à soi. On récupère alors les crevettes ainsi piégées.
Avec mon épouse, on ne perd pas une miette ni du spectacle, ni des explications.
Le lendemain matin, on file acheter quatre balances. On passe par la halle où on récupère quelques têtes de poissons. Le soir, on débarque sur la jetée avec nos balances. Les autres pêcheurs nous souhaitent la bienvenue : il y a de la place pour tout le monde.
On commence à pêcher et ça marche : à chaque remontée de balance on récupère quelques crevettes « grises » et on recommence. On fait connaissance avec nos voisins : d’un côté, c’est un retraité, de l’autre un apprenti-boulanger qui « allait prendre son poste » un peu après minuit.
De temps en temps on a une surprise : dans la balance il y a un crabe plein de pinces ou un bébé-congre qui gigote. Ca fait un choc mais on les rejette à l’eau sans trainer !
Vers minuit, la marée-montante s’arrête. L’océan est étale. C’est net : on ne ramène plus aucune crevette. On plie le matériel. On se donne rendez-vous pour le lendemain. Chacun s’en va de son côté dans la nuit. Avec mon épouse, on rentrait  au camping avec un bon kilo de crevettes. On retrouvait la tente grâce aux phares de la voiture. En premier lieu on mettait les crevettes à cuire sur un Camping-gaz légèrement poussif ! Ensuite on se restaurait tranquillement jusqu’à pas loin de trois heures du matin avant « d’éteindre les feux » et d’entamer un sommeil réparateur.
Le lendemain, petit-déjeuner vers midi suivi d’une expédition à la Halle pour ramener un beau poisson. Le diner intervenait donc aux environs de dix sept heures tout juste avant de se préparer à une nouvelle séance de pêche à la crevette.
Au bout d’une semaine, on avait inversé l’ordre de nos habitudes : on vivait la nuit et on dormait pendant la journée ! On avait même fini par contracter de l’urticaire à force de manger des crevettes.
Des belles vacances, on n’en a pas été privés mais celles-là, on n’est pas prêts de les oublier !
Cette vie « inversée » entre le jour et la nuit s’est déroulée pendant une dizaine de jours puis, revenant dans la vie « normale », nous sommes repartis vers notre vie professionnelle après cet intermède bénis.


crevette

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *