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DEUX GROSSES CARPES POUR DEBUTER PUIS PLUS RIEN !

Il y a deux grands malheurs dans la vie : le premier malheur, c’est de ne pas réaliser ses rêves. Le deuxième malheur, c’est de les réaliser, ses rêves !
Appliquée à la pêche, cette maxime paradoxale donne l’histoire qui fait sourire mais que l’on écoute sans vraiment y croire parce qu’elle apparait comme un cliché un peu trop facile, voire inventé ! C’est l’histoire du débutant qui sort du magasin d’articles de pêche, bardé de tout le matériel flambant neuf possible ou imaginable. Il a lu un ou deux manuels du jeune pêcheur. Il s’installe au bord de l’eau avec un gros « moral », convaincu qu’il va faire un « malheur » et qu’il va ramener à la maison un « poisson tellement grand qu’il n’aura pas à mentir quand il en parlera aux copains » ! Autour, ça sourit avec un brin d’indulgence, voire « ça rigole carrément sous cape » ! Un quart d’heure plus tard, les sourires sont noyés net. Les ricanements rentrent dans les gorges des dénigreurs : l’apprenti-pêcheur ramène un beau brochet ou un magnifique saumon sans même avoir ferré le poisson. L’heureux pêcheur explique avec modestie que la pêche des gros poissons, c’est facile mais qu’il va en rester là pour aujourd’hui ! Autour de lui, plusieurs pêcheurs, écœurés, laissent tomber la pêche pour se consacrer à la belote ou au Pastis. Seulement voilà : le héros d’un jour a bien fait d’en profiter quand c’était le moment parce que la suite de son palmarès n’est pas à la hauteur de ces brillants débuts : c’est une longue et interminable série de bredouilles.
Ce scenario à la fois amusant et triste, il a réellement été vécu dans une famille amie ! Au cours de mes études à Lyon, j’étais régulièrement invité à manger dans la famille d’un « copain de promo ». On parlait de choses et d’autres et un jour, je parle de pêche. Je vois aussitôt fleurir de bons sourires sur les lèvres de tous les convives : «  Papa est un grand spécialiste de la pêche à la carpe ! » Je me mobilise instantanément : « c’est mon rêve de toujours, il faut m’apprendre ». La maman raconte : « c’était quand on passait les vacances près de Macon dans un chalet au bord de l’eau. Papa avait acheté une canne à pêche en bambou. Le premier jour, il est revenu avec deux belles carpes. On s’est dit que ça n’était que le début. On s’est préparés à manger de la carpe tous les jours. Il n’y a jamais eu de carpe numéro trois. Papa a insisté, il s’est obstiné mais il a fini par se décourager. Il y a maintenant vingt ans que la canne en bambou s’ennuie au grenier ! » Cette histoire est authentique !
Réaliser son rêve le premier jour, c’est un bien grand malheur. En ce qui me concerne, j’ai mis cinq ans pour attraper mon premier poisson et, en plus, il était tout petit ! Quelle chance j’ai eu !


2 carpes

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